Psylles du Laurier Sauce : Traitement et Prévention

Vous observez des jeunes pousses engluées et déformées et la présence de filaments cireux et de fumagine sur les rameaux de vos arbres fruitiers ou d'ornement ? Attention ! Il s’agit peut-être d’une infestation de psylles.

Présentation des Psylles

Les psylles appartiennent à l'ordre des Hémiptères (pucerons, aleurodes, cicadelle...) ; ce sont de petits insectes piqueurs-suceurs (2 à 6 mm de long) dont l'apparence peut rappeler autant celle de la cigale (en beaucoup plus petit) que celle d'un puceron ailé.

La position « en toit » des ailes antérieures au repos est d’ailleurs caractéristique, de même que leur façon de se déplacer, en faisant des bonds. Munis d'un rostre, ils se nourrissent de la sève de nombreux arbres et plantes, sécrétant de la cire et du miellat, source de fumagine.

Les larves, jaunes, brunes ou vertes, très petites et aplaties, portent sur leur dos des ébauches d'ailes en forme de disques. Encore plus voraces que les adultes, elles sont regroupées sous les feuilles.

Les espèces de psylles sont nombreuses et ont généralement une plante hôte (ou un groupe de plantes hôtes) attitrée : psylle du poirier (Cacopsylla pyri), psylle du pommier (Cacopsylla mali), psylle de l'olivier (Euphyllura olivina), psylle des agrumes (Diaphorina citri), psylle de l'albizia (Acizzia jamatonica), psylle du buis (Psylla buxi), psylle du laurier-sauce (Trioza alacris)...

Cycle de Vie des Psylles

Les psylles adultes sortent de leur hibernation en fin d'hiver (dès le mois de janvier en ce qui concerne le psylle du poirier). S'en suivent les accouplements et les pontes (plusieurs centaines, voire un millier d’œufs par femelle) le mois suivant.

Les œufs éclosent en moins de trois semaines et en moins de deux semaines on peut constater les premiers dégâts provoqués par les larves. Au bout de 6 à 9 semaines, les larves deviennent adultes. Plusieurs générations se succèdent dans l'année.

En janvier ou février suivant les espèces, les psylles sortent de leur hibernation. Mâles et femelles s’accouplent immédiatement et la femelle pond des milliers d’œufs qui éclosent 3 semaines après, au tout début du printemps, au moment du débourrement du feuillage.

Les larves se gavent des tissus de leur plante hôte et passent par cinq stades larvaires successifs. Au bout de 6 à 9 semaines, les larves se nymphosent et deviennent adultes. Plusieurs générations se succèdent dans une année. Les psylles hivernent sous leur forme adulte.

Dommages Provoqués par les Psylles

Outre l’apparition d'amas de filaments cireux et la production d'un abondant miellat sur tous les organes végétaux, attirant les fourmis et source de fumagine et de brûlure sur les bourgeons, la présence des psylles peut se détecter par le jaunissement des feuilles et des bourgeons (dessin mosaïque), l'enroulement, la déformation voire le dessèchement des jeunes pousses.

Si on ajoute à cela le prélèvement de la sève, la plante occupée peut se trouver fortement affaiblie et sa croissance ralentie.

Sur la plupart de ces végétaux, les larves se nourrissent de sève. Elles empêchent le développement des bourgeons, les feuilles et les tiges attaquées se rabougrissent, les feuilles tombent.

Les psylles du poirier gênent la croissance des bourgeons à fleur et endommagent les fruits. Pour les végétaux d’ornement, les dégâts sont essentiellement esthétiques. Pour les plantes potagères et les arbres fruitiers, la production peut être amoindrie ou totalement compromise en cas d’attaque sévère.

Les psylles sont en outre vecteurs de maladies comme la fumagine, de virus ou de bactéries comme le phytoplasme du déclin du poirier.

Les plantes affectées par ces nuisibles ont initialement des feuilles brunes et déformées. Celles-ci sont souvent courbées vers le haut en forme de cuillère. Selon l'ampleur, les fruits des arbres peuvent également être endommagés.

Les petits insectes se trouvent généralement aux extrémités des pousses, qui commencent à se flétrir en cas d'infestation grave. Les arbres fruitiers comme les pommes et les poires sont le plus souvent attaqués par les psylles. Mais les arbres ornementaux comme le buis ou l’aubépine sont aussi des plantes hôtes des insectes.

Étant donné que le miellat sucré est également un terrain fertile pour certains champignons, tels que la fumagine, les piqures peuvent causer des dommages secondaires à la plante. De plus, certaines espèces sont vectrices de maladies des plantes ou de leurs agents pathogènes. Elles transmettent diverses infections bactériennes et virales aux plantes, c'est pourquoi elles sont particulièrement redoutées dans la culture fruitière.

Ces maladies des plantes ne sont généralement pas guérissables et entraînent dans de nombreux cas la perte de la plante entière. Ces agents pathogènes sont des représentants des phytoplasmes, donc des bactéries sans paroi cellulaire qui se multiplient dans les canaux du phloème des plantes infectées.

Le Psylle du Laurier-Sauce (Trioza alacris)

Le psylle du laurier-sauce est un des ravageurs du laurier-sauce. L’adulte a des ailes de 2 à 2 mm de long, translucide avec des nervures jaunes. Le corps est de couleur jaunâtre - blanchâtre avec des marques brunâtres.

Il possède des antennes longues et fines à l’extrémité de couleur noire. Les adultes hivernent sur le laurier sauce à l’abri des feuilles déformées. Au printemps, ils envahissent les nouvelles pousses pour s’alimenter.

On observe alors un enroulement des feuilles du a la salive de l’adulte, fournissant un lieu idéal pour la ponte. En cas de forte attaque, les dégâts sur les feuilles peuvent être très importants. Les feuilles brunissent et chutent prématurément.

La femelle du Psylle pond des œufs au printemps, qui éclosent après deux semaines. Les larves se nourrissent des jeunes pousses et passe par cinq stades de mue pour arriver à l’état adulte.

Les adultes mesurent 3 à 4 mm, avec des ailes antérieures de 2,4 à 3,1mm de long et translucides avec des nervures jaunes. Ils peuvent former 3 à 4 générations par an avant d’hiverner sur la plante hôte (Laurus nobilis) ou sur des arbres à feuilles persistantes.

Au printemps ils se nourrissent des nouvelles pousses et les bords se recourbent sous l’action irritante de leur salive. Ces déformations fournissent ainsi un lieu favorable pour la ponte d’oeufs.

Les larves, apparaissent blanc-jaunâtre clair à blanc-grisâtre avec les deux derniers segments noirs. Elles piquent la face inférieure des jeunes feuilles. Les bords des feuilles se tournent vers le bas, gonflent et jaunissent en formant des galles.

Les larves sont entourées de fils cireux blancs qui jouent un rôle de protection.

Prévention et Lutte Contre les Psylles

Dès l'apparition des larves, enlevez-les au jet d'eau. Si vous observez la présence de miellat en plus des larves, pulvérisez du savon noir dilué à 5%, comme pour les pucerons.

Pour lutter contre les psylles, on peut appliquer des méthodes naturelles de lutte curative :

  • Passer un jet d’eau puissant au revers de feuilles dès le début du printemps
  • Pulvériser une solution à base de savon noir (3 cuillères à soupe dans un litre d’eau) à renouveler au bout de deux semaines si nécessaire
  • Couper et brûler les rameaux fortement attaqués
  • Traiter avec une huile végétale (colza ou ricin) en fin d’hiver pour détruire une partie des œufs.

Tout comme la nature, la botanique, le jardinage... Soyez attentifs à la présence de miellat et recherchez l’insecte sur les feuilles. Les colonies ont tendance à regrouper à la fois des adultes (ailés), des larves et des nymphes en même temps.

Si vous constatez une infestation de psylles sur vos plantes, vous devez agir immédiatement. Tout d’abord, retirez toutes les feuilles et pousses infectées.

Afin de se débarrasser de ce nuisible sans pesticides chimiques, il est préférable de tailler les plantes, comme par exemple le buis, en juillet ou août après la ponte des œufs (taille topiaire). Les arbres fruitiers et ornementaux peuvent également être protégés des infestations de parasites en les pulvérisant avec de la macération huileuse d’ail lorsqu'ils poussent en hiver.

Un autre produit qui donne de bons résultats sur les psylles est l’insecticide végétal polyvalent. Son fonctionnement est similaire à la macération huileuse d’ail.

Un produit naturel à base d’huile essentiel d’orange douce, l’Oriange, peut être appliqué sur les cultures fruitières infestées de psylles.

Agir au début de l’attaque

Si l’on se rend compte de l’attaque assez tôt, on peut nettoyer le laurier avec de l’eau en jet puissant. Une fois les larves installées, il faut pulvériser de l’eau additionnée de savon noir, pour laver, assécher les bestioles et nettoyer le miellat.

Vous pouvez utiliser également un mélange de purin d’ail et de fougère (100 ml de chaque) dans un litre d’eau auquel vous ajouterez une cuillère à café de savon noir. Pulvérisez tous les huit jours jusqu’à disparition des psylles.

Sinon, vous devrez couper les parties atteintes et les jeter (mais pas au compost) ou les brûler si c’est possible.

En prévention

Pour éviter le retour des psylles l’année prochaine, juste avant l’hiver ou au tout début du printemps, vous vaporiserez le tronc et les branches avec du savon noir dilué avec un peu d’eau.

Prédateurs naturels

Les larves de coccinelles, de chrysopes, de syrphes, de la punaise Anthochoris nemoralis, des forficules, sont des prédateurs naturels qui viennent en aide au jardinier. Si elles sont présentes, laissez-les faire et ne passez pas le traitement, car il n’est pas sélectif.

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