Carrefour et la Blockchain Alimentaire : Transparence et Traçabilité

Carrefour, un des leaders mondiaux du commerce alimentaire avec un réseau multi-formats de 13 000 magasins dans plus de 30 pays, a réalisé un chiffre d’affaires de 78,6 milliards d’euros en 2020.

Le groupe Carrefour, engagé dans une profonde transformation, a annoncé la création de la première blockchain alimentaire en Europe.

L'objectif est d'offrir une traçabilité complète des produits commercialisés, répondant ainsi à un besoin croissant de transparence de la part des consommateurs.

Déploiement initial et expansion

Après le poulet d'Auvergne, cette technologie a été étendue à huit autres produits d'ici la fin de l'année.

Annoncée depuis un an, l’utilisation de la blockchain dans les filières qualité Carrefour produit ses premiers effets concrets pour le consommateur.

Carrefour se félicite aujourd’hui des premiers avantages concrets apportés par la blockchain pour son poulet fermier d’Auvergne FQC.

Carrefour n’en finit plus de déployer sa blockchain alimentaire.

Il y a quelques semaines, l’enseigne s’attaquait aux produits laitiers en appliquant son système de traçabilité au lait frais microfiltré.

Désormais, c’est un fromage qui en bénéficie : le rocamadour.

L’ orange à dessert Carrefour Bio, origine Espagne, en barquette de quatre pièces sera la première référence à en bénéficier avant un déploiement progressif à d’autres produits.

Comment fonctionne la Blockchain Alimentaire de Carrefour ?

La blockchain est un système informatique de stockage de données sécurisées et infalsifiables, qui permettra aux consommateurs d’accéder, en toute transparence, aux informations concernant le parcours des produits, de leur production jusqu’à leur expédition vers les magasins.

Au lieu d'un serveur central, les utilisateurs peuvent échanger des données sans organe de contrôle et sans intermédiaire.

Les données sont regroupées en petits blocs reliés en chaîne, où chaque bloc contient des informations sur les blocs précédents et suivants, rendant toute modification ultérieure impossible sans altérer l'ensemble de la chaîne.

Par son caractère inviolable, la blockchain joue le rôle d'un tiers de confiance chez qui tous les opérateurs d'une chaîne déposent leurs documents.

Chaque étape entre deux acteurs enregistrée dans une blockchain est aussitôt partagée et dupliquée chez les autres acteurs de la même chaîne.

Ce qui rend impossible toute modification ultérieure de l'enregistrement.

Dans le cas du poulet de grande distribution, le système blockchain permet à chaque partenaire de renseigner ses données.

"Les blocs sont inscrits par chaque étape de la production du lot de poulets", précise le service communication de Carrefour.

À tour de rôle, chaque société qui intervient dans le couvoir, l'élevage, l'alimentation, la transformation et le stockage du produit renseignent leurs informations.

"Les prestataires ont un identifiant unique dans la blockchain.

Accès aux informations via QR Code

Pour le consommateur, la blockchain se matérialise par un QR code sur l’emballage du produit.

En le scannant avec son téléphone, on est redirigé vers une page Internet offrant tout un tas d’informations sur la vie du produit avant son arrivée en rayons.

En scannant le QR code ajouté sur l’étiquette des poulets, le consommateur peut ainsi savoir de quel couvoir était originaire la volaille, chez quel éleveur elle a grandi (vidéo de présentation à l’appui), le détail de son alimentation, son âge à l’abattage, etc.

Ces différentes étapes de production, les consommateurs sont invités à les découvrir en détails grâce à la blockchain de Carrefour.

Le principe reste identique aux sept premiers produits déjà équipés : un QR code est apposé sur les emballages et renvoie vers une plate-forme numérique.

Dès lors, les clients peuvent connaître, entre autres, l’identité du producteur, la quantité de chèvres de son troupeau, son ancienneté dans la filière ou encore le nombre d’employés dans son exploitation.

Afin de bénéficier d’une plus grande transparence sur les produits qu’ils achètent, les consommateurs, en scannant un simple QR code, peuvent accéder à un grand nombre d’informations.

Ces dernières incluent entre autres le lieu de production et la composition du textile, le mode de culture du coton ainsi que la date et le lieu des différentes étapes par lesquelles il est passé : l’égrenage, la filature, le tissage, la teinture, le processus de fabrication et l’expédition.

"Le QR code est la partie immergée de l'iceberg. C'est une fenêtre de transparence sur la chaîne de production. Et c'est la blockchain qui supporte tout ça", explique Stefano Volpi, cofondateur de Connecting Food, une entreprise française qui met en place des blockchains pour des marques agroalimentaires, parmi lesquelles Lu, Géant Vert et Herta.

Avantages de la Blockchain pour les acteurs de la filière

Les bénéfices de la blockchain appliquée aux filières alimentaires sont nombreux, note Carrefour: "pour les consommateurs, elle répond à un besoin de transparence de plus en plus grand; pour les éleveurs, elle leur permet de valoriser leur production et leur savoir-faire".

Cette technique de traçabilité cumule plusieurs intérêts évidents : les informations sont inviolables, multiples et facilement partageables.

"La blockchain permet d'enregistrer des données et de les transférer d'un acteur à l'autre de la filière. À chaque étape, on récolte les données puis on les connecte à l'étape suivante. On arrive à recréer de façon numérique toute la vie d'un aliment avant qu'il arrive dans l'assiette", ajoute Stefano Volpi.

Loin d'être un gadget, la blockchain alimentaire présente de multiples avantages.

La transparence recrée un lien direct entre producteurs et consommateurs.

Elle instaure aussi une relation de confiance dans la chaîne de production.

"Ça permet de prouver que les promesses faites au consommateur sont bien réelles . On peut vérifier, en temps réel, lot par lot, que chaque produit a bien les qualités vantées par les marques", souligne Stefano Volpi.

De fait, la blockchain est caractérisée par son inviolabilité : impossible de falsifier les informations.

Carrefour : Pionnier de la Blockchain Alimentaire

Carrefour, pionnier de la blockchain alimentaire en France depuis 2018, a intégré cette technologie sur une trentaine de filières : carottes, tomates, œufs, poulet, saumon…

« Carrefour s’est engagé avec son programme Act for Food à garantir une très grande transparence sur ses produits à travers un dispositif de traçabilité complet. Avec le déploiement de cette technologie pour la première fois sur nos produits bio, nous confirmons notre ambition de devenir le leader de la transition alimentaire pour tous », affirme Benoît Soury, directeur du marché Bio du groupe de distribution.

"En tout, cela concerne 600 références produits dans nos rayons : 200 sur l'alimentaire et 400 sur le textile", détaille Garance Osternaud, responsable du programme blockchain de Carrefour.

Visant à jouer la transparence, la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement doit être déployée à l’ensemble des produits alimentaires FQC. Ce qui représente environ 300 références.

Le Rocamadour FQC : Un exemple concret

Le rocamadour FQC est fabriqué par six producteurs fermiers français au sein de leur propre exploitation.

Il est confectionné à partir de lait de chèvres - de races Alpine et Saanen - alimentées avec du foin et des céréales provenant à 80 % de la zone AOP, essentiellement concentrée sur le département du Lot, avec quelques débordements du causse sur la Corrèze, le Tarn et Garonne, la Dordogne et l’Aveyron.

Défis et perspectives

Créer une blockchain alimentaire prend plusieurs mois, en partenariat avec les éleveurs et les producteurs.

"Ils ne sont pas tous familiers avec le concept de blockchain. Donc on commence par leur expliquer et par les rassurer. En général, ils sont enthousiastes à l'idée de partager leurs bonnes pratiques avec les consommateurs mais ils ont parfois des appréhensions vis-à-vis de la technologie", explique Garance Osternaud.

Le travail préparatoire est minutieux puisqu'il s'agit de collecter et de vérifier toutes les informations relatives au produit.

"On peut tout tracer avec la blockchain, des produits simples comme le lait jusqu'aux produits transformés. On récupère nous-mêmes les données telles qu'elles existent. Ça peut être un papier, un tableau Excel, un document pris en photo par l'éleveur… Bien sûr, plus on avance dans la filière, plus on va vers les marques et plus l'information est standardisée et donc facile à traiter", détaille Stefano Volpi, de Connecting Food.

"Plus le produit a de spécificités, plus ça prend du temps. Pour une simple carotte, il faut tracer le semis, la mise en terre, la récolte, le conditionnement, le transport… S'il s'agit d'une carotte bio, il faut vérifier que toutes les contraintes sont bien respectées", précise Garance Osternaud, responsable du projet blockchain de Carrefour.

A ce stade, les informations délivrées sont plus techniques que bucoliques.

Elles gagneraient sans doute à une mise en forme plus "grand public" (la vidéo de l’éleveur, de ce point de vue, est déjà une réussite).

Et les consommateurs semblent séduits par l'initiative.

"On a fait un suivi du nombre de scans des QR code sur les pages Internet correspondantes et le plus intéressant c'est la durée de consultation. On voit que les gens qui scannent restent environ une ou deux minutes sur la page. Ça montre que la traçabilité les intéresse réellement", estime Garance Osternaud.

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