“Manger cachère” (ou “kasher”) est une pratique alimentaire conformément aux lois alimentaires juives, appelées les lois alimentaires casher. Ces lois sont détaillées dans la Torah, la Bible hébraïque, et définissent les aliments autorisés et interdits ainsi que les règles spécifiques de préparation et de consommation.
Quels sont les aliments que les juifs peuvent manger ?
Le mot hébreu kasher signifie littéralement "préparé". Pour les animaux : la Torah (Lévitique 11 : 3) établit les caractéristiques des animaux autorisés comme étant ceux qui ont les sabots complètement divisés et qui sont également des ruminants (exemple : vache, chèvre, mouton).
Pour les oiseaux : la Torah énumère 24 espèces d'oiseaux interdites, et le Talmud explique que tous les oiseaux de proie sont interdits. Dans la pratique, les juifs mangent du poulet, de la dinde, du canard et de l’oie.
Pour le poisson : la Torah (Lévitique 11 : 9) enseigne qu’un poisson kasher doit posséder à la fois des nageoires et des écailles.
Voici quelques principes de base des lois casher:
- Animaux autorisés : Seuls certains animaux sont considérés comme casher. Ils doivent avoir des sabots fendus et mâcher le cud (la nourriture régurgitée).
- Saignée rituelle : La viande casher doit être préparée en suivant un processus de saignée rituelle appelé "shehita". Cela implique de tuer l'animal d'une manière spécifique pour éliminer le sang.
- Certification casher : Certains produits alimentaires sont certifiés comme casher par des organismes de certification. Les emballages de ces produits portent souvent un symbole ou un cachet indiquant qu'ils ont été préparés conformément aux lois casher.
Quels sont les autres interdictions alimentaires des juifs ?
La Torah interdit de manger de la viande et du lait ensemble, et interdit même de les cuisiner ensemble. Par mesure de protection, les Sages interdisaient de manger de la viande et des produits laitiers au même repas, ou de les préparer avec les mêmes ustensiles de cuisine. Par conséquent, une cuisine kasher devrait avoir deux ensembles distincts de casseroles, poêles, assiettes et couverts, un pour la viande et l’autre pour les produits laitiers.
Il faut attendre jusqu'à six heures après avoir mangé de la viande avant de manger des produits laitiers. Cependant, la viande peut être consommée après les produits laitiers. Avant de manger de la viande après un repas de produits laitiers, il faut manger un type d'aliment solide et se rincer la bouche.
Les lois de Cacherout ont pour origine un certain nombre de préceptes alimentaires présents dans la Bible hébraïque:
- Les animaux doivent avoir des sabots fendus et être des ruminants.
- Les poissons doivent avoir des écailles et des nageoires.
- Les animaux doivent être abattus par un rabbin qualifié et leur sang doit avoir été drainé.
- La viande et les produits laitiers ne doivent pas être consommés ensemble.
- Les matières premières ne doivent pas contenir d'insectes ni de vers - par conséquent, des pesticides doivent être utilisés.
Autres : le miel est considéré comme casher.
Les juifs ne mangent pas de fruits de mer, car leur religion a interdit cela. En effet, selon la Torah que les juifs considèrent comme la parole de Dieu, les êtres humains ne devraient manger que des animaux marins qui ont des écailles et des nageoires. Autrement dit, parmi les animaux qui vivent dans l'eau, seuls les poissons peuvent être mangés. Les fruits de mer n'ayant ni écailles ni nageoires ne sont pas considérés comme des animaux aquatiques comestibles dans le judaïsme. Il est donc formellement interdit de les manger, car ils ne sont pas kasher. Pour information, les fruits de mer comprennent les mollusques, les algues, les crustacés et les échinodermes.
Certains aliments spécifiques, tels que le porc et les fruits de mer sans écailles et nageoires, sont considérés comme non casher et ne doivent pas être consommés.
Que sont les interdits alimentaires d'origine religieuse ?
Les interdits alimentaires d'origine religieuse varient en fonction des traditions et des croyances spécifiques de chaque religion. Voici quelques exemples d'interdits alimentaires dans différentes religions:
Judaïsme :
Les lois alimentaires juives, appelées les lois casher, interdisent la consommation de certains aliments. Parmi les interdits alimentaires :
- Interdiction de manger de la viande de porc.
- Interdiction de mélanger la viande et les produits laitiers dans un même repas.
- Interdiction de manger des fruits de mer sans écailles et nageoires.
Islam :
Les lois alimentaires islamiques, appelées les lois halal, interdisent la consommation de certains aliments. Parmi les interdits alimentaires :
- Interdiction de manger de la viande de porc.
- Interdiction de consommer de l'alcool.
- Interdiction de manger des animaux morts avant d'avoir été abattus rituellement.
Hindouisme :
Dans l'hindouisme, les interdits alimentaires varient en fonction des traditions et des croyances régionales. Certains hindous peuvent s'abstenir de la consommation de viande, en particulier de bœuf, considérée comme sacrée dans certaines régions.
Bouddhisme :
Dans le bouddhisme, il n'y a pas de règles strictes concernant les interdits alimentaires. Cependant, certains bouddhistes, en particulier les moines, peuvent suivre des règles végétariennes ou végétaliennes en raison de principes de non-violence.
Christianisme :
Le christianisme, en général, n'impose pas de règles alimentaires strictes.
La prohibition de la consommation de crevettes est principalement observée dans l'islam et le judaïsme. Ces deux religions ont des lois alimentaires spécifiques qui définissent les aliments autorisés (halal pour l'islam et casher pour le judaïsme) et interdits, et dans certains cas, les fruits de mer tels que les crevettes sont considérées comme impurs et ne sont pas autorisées à la consommation.
Dans l'islam, le Coran interdit la consommation de fruits de mer sans écailles, y compris les crevettes.
Dans le judaïsme, la Torah interdit la consommation de fruits de mer sans écailles ni nageoires, ce qui inclut également les crevettes. Le Lévitique 11:9-12 donne des directives spécifiques concernant les animaux aquatiques permis et interdits, et les crevettes ne sont pas autorisées en raison de cette prescription.
Les ustensiles et la séparation des aliments
La visite et l’inventaire des cuisines conduit à percevoir combien la pratique religieuse prend corps et se matérialise dans les objets de la maison les plus quotidiens, les plus insignifiants et les plus terrestres a priori.
Ces pratiques sont à relier à la prohibition alimentaire de mêler produits lactés et produits carnés. Certains couples détiennent parfois un troisième service pour cuisiner et consommer des aliments neutres, « parve », c'est-à-dire préparés à base de produits ne contenant ni viande, ni substance lactée.
Cet ensemble ménager constitue la batterie de base utilisée au quotidien. A celui-ci, s'ajoutent éventuellement deux autres services à vaisselle réservés aux fêtes familiales et religieuses, ainsi qu'un service utilisé exclusivement à l'occasion de Pessah, la Pâque juive.
Les ustensiles de nettoyage et les instruments nécessaires à la cuisine, tels que spatule, poêle ou casserole sont également dupliqués : les couples rencontrés possèdent ainsi plusieurs éponges, égouttoirs et torchons qu'ils utilisent en fonction des aliments entrés en contact avec la vaisselle.
Par extension, la cuisine toute entière matérialise la prégnance de la religion dans le logement : la taille de la cuisine et le nombre de ses placards constituent un enjeu majeur pour les couples juifs pratiquants. Idéalement, les familles juives les plus pratiquantes disposeront de deux éviers, voire deux lave-vaisselle, deux cuisinières, deux réfrigérateurs, ou encore deux cuisines totalement séparées de telle sorte que la préparation de la nourriture carnée et lactée sera effectuée dans des espaces distincts.
Plusieurs thèmes émergent des récits: le besoin de place dans la cuisine manifeste l'importance de la religion dans la maison matérialisée par les activités culinaires, les objets et l'espace de rangement qui leur est destiné.
Enfin, la notion de séparation, inhérente à la préparation distincte des produits lactés et carnés, s’illustre par la séparation des plats, égouttoirs, éviers, mais aussi par le besoin d'espaces spécifiques dans la cuisine qu'implique l'observance de cette prescription religieuse.
Il est en effet exclu pour un couple juif très pratiquant de ranger les plats et assiettes servant aux produits carnés, dans le même placard que le service utilisé pour les produits à base de laitage. Idéalement, ces services seront séparés de façon stricte dans les placards de la cuisine.
Outre la duplication des ustensiles culinaires, un autre critère est mobilisé afin de distinguer les éléments matériels selon la nourriture qu'ils servent à contenir. Tous les couples rencontrés utilisaient un code de couleurs. Ce code permet de mémoriser visuellement les ustensiles mobilisés pour la viande, de ceux utilisés pour les produits laitiers.
En appliquant ce code de couleurs, les familles juives s’assurent que tout hôte juif ou initié, saura immédiatement quelle vaisselle utiliser. Si les couples utilisent la même palette de couleurs, tous mettent l'accent sur le fait qu'aucune règle n'impose de réserver à chaque type d'aliment une couleur spécifique.
Significations spirituelles et symboliques
Le fait de posséder au minimum deux services de table et d’observer un code de couleurs est à relier à l'une des plus importantes et mystérieuses règles alimentaires du point de vue de ses conséquences sur la vie quotidienne des juifs. Cette dernière est issue de l’interprétation d’un verset de la Bible: « tu ne cuiras point le chevreau dans le lait de sa mère » (Exode, 23, 18 ; Exode 34, 26 ; Deutéronome, 14, 21).
Les lois de la Cacherout appartiennent aux ‘houkim, les décrets divins dont nous ne pouvons pas réellement comprendre les fondements. En d’autres termes, ces principes alimentaires s’inscrivent dans la vocation religieuse et spirituelle du peuple d’Israël. La Cacherout constitue une véritable discipline de vie qui nous rapproche de D.ieu, car l’âme aussi, a besoin de se nourrir.
Voici quelques significations spirituelles symbolisant ces règles :
- Les sabots fendus rappellent notamment que nous devons toujours distinguer le bien du mal. Sans discernement, nous risquons de nous éloigner de D.ieu !
- La rumination symbolise l’étude dans lequel l’étudiant doit sans cesse réfléchir et intégrer les enseignements de la Torah.
- On ne mélange pas le lait et la viande car on ne mélange pas la vie et la mort.
- On ne consomme pas le sang car il symbolise l’âme. Il ne faut donc pas « consommer » l’âme de l’animal avec sa chair, c’est interdit. On peut juste consommer sa chair.
- La chéhita est un procédé d’abattage qui ne fait pas souffrir la bête, car son cerveau se vide immédiatement de son sang. Plusieurs études vétérinaires l’ont confirmé.
Tableau récapitulatif des règles de la Cacherout
Catégorie | Règles Essentielles | Significations Spirituelles |
---|---|---|
Animaux Terrestres | Sabots fendus et ruminants | Discernement entre le bien et le mal |
Poissons | Nageoires et écailles | - |
Mélange Lait et Viande | Interdit de mélanger ou consommer ensemble | Séparation de la vie et de la mort |
Consommation de Sang | Interdite | Le sang symbolise l'âme |
Abattage (Chéhita) | Méthode qui minimise la souffrance | Respect de la vie animale |
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