Argument contre le gaspillage alimentaire en France

En France, le gaspillage alimentaire est un problème majeur avec des conséquences considérables. On estime que 20% de la nourriture est jetée, ce qui représente 10 millions de tonnes par an. Cela équivaut à 1000 fois le poids de la Tour Eiffel.

Depuis le champ jusqu’à nos assiettes, le gaspillage alimentaire a lieu à tous les stades de la chaîne de production alimentaire. De la récolte à la consommation, en passant par le transport, la transformation et la distribution, les causes du gaspillage sont multiples. Dans un monde où les ressources naturelles viennent à manquer, le gaspillage des denrées alimentaires ne cesse pourtant de s’accroître.

Les étapes du gaspillage alimentaire

  1. Production : Les aliments sont triés et sélectionnés en fonction de leur aspect, de leur calibre ou de leur couleur.
  2. Transformation : Les pommes de terre sont l'aliment le plus gaspillé pendant cette étape, car elles sont la base de beaucoup de plats préparés, où une partie importante du produit est jetée lors de l'épluchage et de la taille.
  3. Transport : Il est rare que la phase de transport épargne la totalité des aliments présents dans une cargaison. Beaucoup sont abîmés dans les camions, les trains ou les bateaux, puis jetés à l’arrivée sur leur lieu de distribution. Le blé tendre arrive en tête des aliments les plus gaspillés au moment de la distribution.
  4. Consommation : Il nous est tous arrivé de jeter du pain rassis que l’on n'a pas eu le temps de consommer. À cette étape, les pertes alimentaires les plus importantes ont lieu sur les produits laitiers.
  5. Restauration : Au restaurant, nous ne décidons pas de la quantité de nourriture dans nos assiettes. Or, ces portions non ajustées sont la cause principale de gaspillage alimentaire dans la consommation hors foyer.

Impact environnemental du gaspillage alimentaire

La production et la consommation alimentaires ont un poids conséquent sur l’environnement. D’après l’ADEME, l’empreinte carbone annuelle du gaspillage alimentaire serait de près de 15,5 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an en France, ce qui n’a rien d’étonnant lorsqu’on sait que l’alimentation représente à elle seule 36% des émissions nationales de gaz à effet de serre.

Le secteur agricole représente 21% des émissions de gaz à effet de serre en France. Ce chiffre grimpe même à 36% si l’on prend en compte l’ensemble des activités agricoles et alimentaires (ex: la fabrication des emballages ou le transport de marchandises). À cet égard, le gaspillage alimentaire représente à lui seul 3% des émissions de gaz à effet de serre de l’activité nationale. Cela résulte de l’émission de méthane issu de la transformation des aliments (décomposition). Ce gaz épuise les ressources naturelles et vitales comme l’eau et la terre, conséquence d’une agriculture intensive répondant à une consommation croissante. Cette pratique accélère la pollution des sols et de l’eau, et requiert une énergie considérable pour produire des aliments qui ne seront finalement pas consommés.

Conséquences économiques et sociales

En France, ce sont 10 millions de tonnes de nourriture qui sont gâchées chaque année, représentant 16 milliards d’euros de perte. 33% du gaspillage alimentaire a lieu lors de la consommation, dont 14% pour la restauration collective et commerciale. La FAO (Food and Agriculture Organization) estime le coût du gaspillage alimentaire mondial à 2600 milliards de dollars par an. En France, cela représente une valeur de 16 millions d’euros.

Cette perte entraîne des coûts significatifs pour tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, affectant les finances des ménages et des producteurs. Rappelons que le fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD qui a remplacé le PEAD pour la période 2014-2020) permet chaque année de distribuer des repas à 18 millions d’Européens, dont près de 4 millions de Français.

Cette tendance engendre l’accumulation de produits superflus qui ne sont pas consommés et terminent en déchets alimentaires. En effet, chaque acteur tend à reporter les coûts économiques de ce gaspillage dans sa vente, ce qui se traduit au final par une hausse des prix alimentaires. Et la note du gaspillage alimentaire ne se limite pas au prix de vente des produits : on la retrouve également dans les taxes ou redevances versées par le contribuable pour le service public de gestion des déchets.

Législation et mesures contre le gaspillage

Promulguée en 2016, la loi Garot est une des mesures mises en place pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Elle met en avant deux dispositifs clés concernant les acteurs de la distribution alimentaire. La première mesure impose aux magasins de plus de 400 m² de donner leurs invendus alimentaires encore comestibles aux associations caritatives. La loi Garot qui s’adresse aux industriels, oblige les grandes surfaces à donner les denrées alimentaires sur le point d’être jetées à des associations, et interdit de détruire les denrées consommables. Cette loi est cependant très critiquée par différents acteurs car, si elle peut paraître de bon sens au premier abord, elle contribue en réalité à la surproduction.

Adoptée en 2018, la loi EGALIM introduit des mesures visant à renforcer les relations commerciales entre producteurs et distributeurs. Les objectifs de cette loi sont multiples : lutter contre le gaspillage alimentaire, garantir une nourriture saine et durable, notamment en introduisant des produits biologiques en restauration collective, et en améliorant l’éducation alimentaire (apprendre à en plus se nourrir de junk food).

En France, l’ADEME (l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) œuvre activement contre le gaspillage alimentaire à l’échelle nationale. Leurs actions se traduisent par la mise en place d’une série de mesures : sensibilisation et information de tous les publics, valorisation des biodéchets et transition vers une alimentation durable. Pour ce faire, la France a mis en place un plan d’action visant à diviser par deux le gaspillage alimentaire : le pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Comment agir contre le gaspillage alimentaire?

Les astuces anti-gaspillage sont nombreuses et vous permettront de réduire votre empreinte écologique tout en réalisant des économies. La réduction du gaspillage alimentaire à la maison passe par un changement de nos habitudes de consommation. Cela implique des achats plus réfléchis, afin d’optimiser l’utilisation des ressources.

Mieux contrôler ses achats et ses stocks permet de repenser la valeur sociale et environnementale de notre alimentation, et les coûts cachés qu’elle représente. En ce sens, le mot d’ordre de lutte contre le gaspillage est utile.

  • Préférez l’achat en vrac pour contrôler les quantités… et limiter les emballages. Souvenez-vous que les fruits et légumes un peu tordus sont tout aussi bons que les autres !
  • En cas de doute sur la péremption d’un produit, référez-vous à la Date Limite de Consommation (“à consommer jusqu’au”) sur les emballages.
  • Ne jetez pas les restes ! Gardez les fanes de poireaux, de carottes ou encore de radis pour les mijoter et les incorporer à d’autres plats, ou les queues de fraises pour faire des sirops délicieux.
  • La conservation des aliments est une des clefs pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Le produit qui génère le plus de gaspillage alimentaire est le pain ! Pensez à le transformer en croûtons, pain perdu ou chapelure lorsqu’il durcit. Pensez à la congélation, la salaison, la conservation dans l’huile (pour les olives, tomates séchées, aubergines ou champignons…).

La lutte contre le gaspillage alimentaire représente un engagement collectif et des actions concrètes de la part de tous les acteurs du système agroalimentaire. Lorsqu’une prise de conscience est nécessaire face aux impacts écologiques, économiques et sociaux du gaspillage alimentaire, il est impératif d’adopter des comportements et des pratiques responsables pour obtenir des résultats. Repenser le système alimentaire est un défi d’envergure mondiale.

Répartition du gaspillage alimentaire en France
Étape de la chaîne alimentaire Pourcentage du gaspillage
Production agricole 32%
Transformation 21%
Distribution 14%
Restauration (collective et commerciale) 14%
Consommation à domicile 19%

TAG:

En savoir plus sur le sujet: