Troubles du cycle menstruel, fatigue chronique, variations de poids inexpliquées, hyperpilosité, problèmes de peau (acné)... Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) bouleverse l'équilibre hormonal féminin. La bonne nouvelle ? Une alimentation adaptée peut jouer un rôle clé dans la gestion des symptômes du SOPK et contribuer à améliorer la qualité de vie au quotidien.
Pourquoi adapter son alimentation quand on a un SOPK ?
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal qui touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer. Il s’agit d’un syndrome qui se caractérise par un déséquilibre des hormones sexuelles, en particulier un excès d’androgènes (hormones sexuelles mâles) qui perturbe le fonctionnement des ovaires. L’ovulation devient irrégulière ou absente, ce qui entraîne des cycles menstruels instables.
Ce syndrome peut également s’accompagner de divers symptômes tels qu’une acné persistante, un excès de pilosité, une prise de poids localisée au niveau du ventre, une fatigue inexpliquée ou encore des troubles de la fertilité. Au-delà de ces signes visibles, c’est l’ensemble du métabolisme qui peut être perturbé : résistance à l’insuline, inflammation chronique de bas grade et déséquilibre du microbiote intestinal. Or, ces trois leviers sont directement liés au mode de vie, en particulier à l’alimentation.
Pour mieux vivre avec le SOPK, l’objectif n’est pas de suivre un régime restrictif mais de mettre en place des habitudes durables et adaptées. Changer son alimentation, c’est déjà poser une base solide pour mieux vivre avec le SOPK. Toutefois, lorsque les cycles restent irréguliers, que la fatigue persiste ou que les troubles digestifs s’installent, un accompagnement ciblé avec des compléments alimentaires spécifiques pour femmes peut s’avérer utile.
En effet, certains compléments alimentaires bien formulés associent plantes, nutriments et minéraux en synergie pour renforcer les effets d’une alimentation adaptée et soutenir les fonctions de l’organisme :
- Des nutriments spécifiques comme le zinc, le chrome ou la vitamine B6 qui participent à l’équilibre hormonal, au métabolisme glucidique ou à la régulation du cycle.
- Des extraits de plantes traditionnellement utilisés pour favoriser le confort menstruel ou soutenir la fertilité, comme le trèfle rouge ou l’alchémille.
- Des probiotiques adaptés qui participent à la santé intestinale et peuvent, en agissant sur le microbiote, contribuer à un meilleur équilibre métabolique.
Le SOPK est la première cause d’infertilité chez la femme. A ce jour, les recherches médicales n’ont pas encore abouti à un traitement permettant de guérir du SOPK. Si vous en souffrez, il existe des solutions pour amoindrir les symptômes. Parmi elles, l’alimentation joue un rôle clé.
Le syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK est une maladie endocrinienne qui touche près d’une femme sur dix. Le SOPK engendre un taux de testostérone surélevé. Cette surproduction d’androgènes provoque divers symptômes qui peuvent être difficiles à appréhender pour la femme qui en souffre. On peut citer l’acné, la chute de cheveux ou l’hyperpilosité, aussi appelée hirsutisme.
En cas de SOPK, il y a un risque élevé de syndrome métabolique, surtout à partir de 55 ans. L’hyperandrogénie engendre le développement d’une adiposité. Il s’agit d’une accumulation de masse graisseuse dans les tissus sous cutanés. A ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique au SOPK, on ne peut donc pas guérir de ce syndrome.
Il faut distinguer infertilité et stérilité. La stérilité est une incapacité définitive à concevoir un enfant. En cas d’infertilité la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde est possible. Le SOPK peut provoquer une infertilité.
Une fois le diagnostic posé, un trouble de la glycorégulation ainsi que des facteurs de risque cardiovasculaire doivent être recherchés. La prise en charge est adaptée aux symptômes et à la demande des patientes.
Devant quels signes cliniques suspecter un SOPK et quels sont les critères diagnostiques ?
Les critères diagnostiques de Rotterdam (2003) ont été adaptés récemment avec la publication des dernières modifications à l’été 2023. Un SOPK doit être suspecté devant un trouble du cycle, et/ou des signes d’hyperandrogénie clinique tels qu’un hirsutisme ou des ovaires dystrophiques à l’échographie (en sachant que le critère échographique ne peut être utilisé qu’à partir de 8 ans après les premières règles) ou hormone antimüllérienne (AMH) élevée.
Quelles précautions quand il s’agit d’une adolescente ?
À l’adolescence, les critères échographiques et le taux d’AMH ne peuvent pas être pris en compte. De nombreuses femmes ont en effet des ovaires riches en follicules au début de leur période d’activité génitale. Ainsi, il faut attendre au moins 8 ans après la ménarche pour que le critère échographique puisse être interprété. Il en est de même pour le taux d’AMH. Pour poser un diagnostic de SOPK à cet âge, on se base donc sur un trouble du cycle et une hyperandrogénie (clinique ou biologique), tout en sachant qu’il faut attendre de 1 à 2 ans après la ménarche pour caractériser les troubles du cycle.
Une fois le diagnostic posé, quelles comorbidités rechercher systématiquement ?
Il est important de rechercher des éléments cliniques en faveur d’un syndrome métabolique : poids, taille (calcul de l’IMC), tour de taille, pression artérielle. On recherche aussi des signes cliniques en faveur d’une insulinorésistance : acanthosis nigricans au niveau des grands plis (aisselle, aine, nuque).
Que peut-on expliquer aux patientes sur ce syndrome, notamment sur l’évolution, les complications et le pronostic en termes de fertilité ?
Le SOPK étant un syndrome défini par une association de symptômes, toutes les patientes ne vont pas avoir le même tableau clinique. De plus, l’intensité des symptômes est très variable d’une patiente à l’autre (de très légers à très sévères). Il n’y a pas un SOPK, mais plusieurs avec des prises en charge et des enjeux différents. Concernant la fertilité, on peut globalement rassurer les patientes. La majorité d’entre elles auront des grossesses spontanées, en particulier celles qui ont des cycles réguliers ou peu perturbés.
Quelles sont les grandes lignes de la prise en charge thérapeutique ?
Le traitement du SOPK doit s’adapter au phénotype/symptômes, aux besoins de la patiente, à son âge et à la nécessité ou non d’une contraception. Les mesures hygiénodiététiques visent à prévenir le risque métabolique et cardiovasculaire. La surveillance clinicobiologique est à renouveler tous les 1 à 3 ans selon les facteurs de risque et le profil des patientes. Sa prescription est indissociable d’une intervention sur le mode de vie.
Conseils alimentaires pour mieux vivre avec le SOPK
Pour mieux vivre avec le SOPK, l’objectif n’est pas de suivre un régime restrictif mais de mettre en place des habitudes durables et adaptées. Ces réflexes contribuent à stabiliser la glycémie, soutenir l’équilibre hormonal et limiter les inconforts au quotidien :
- Manger à heures régulières : un rythme alimentaire stable aide à mieux réguler la glycémie et à éviter les pics d’insuline souvent impliqués dans les troubles métaboliques du SOPK.
- Réduire les aliments ultra-transformés : mieux vaut privilégier des aliments bruts, à haute densité nutritionnelle : légumes variés, fruits frais, céréales complètes ou semi-complètes.
- Intégrer des protéines et de bonnes sources de matières grasses : celles-ci permettront de maintenir une bonne satiété tout en apportant des nutriments précieux pour favoriser l’équilibre hormonal.
- Limiter le sucre sous toutes ses formes : sans tomber dans l’interdit, il est recommandé de réduire les apports en sucre, qu’ils soient visibles (gâteaux, sodas…) ou cachés dans les produits industriels.
- Réduire les produits laitiers, sans les supprimer totalement : des alternatives végétales comme les crèmes d’amande, d’avoine ou de cajou peuvent être intégrées dans les recettes. Les produits laitiers de qualité restent possibles, avec modération.
- Préférer les céréales complètes ou semi-complètes : en remplacement des produits raffinés, elles offrent plus de fibres et d’éléments nutritifs, tout en ayant un impact plus doux sur la glycémie.
- Alléger le petit-déjeuner : fini les pics sucrés du matin, on opte pour des petits-déjeuners riches en fibres et en protéines, comme un pain au sarrasin avec purée d’amande, ou un porridge à base de flocons complets.
- Miser sur une cuisine maison, simple et en quantité suffisante : adopter l’astuce « cuisiner une fois, manger deux fois ».
Quels sont les aliments à privilégier ?
Quand on vit avec un SOPK, le choix des aliments peut avoir un réel impact sur le confort de vie. Certains aliments soutiennent naturellement les fonctions métaboliques et hormonales tout en apportant de l’énergie sans provoquer de surcharge glycémique ou inflammatoire.
Certains aliments, consommés trop fréquemment ou en grande quantité, peuvent accentuer les déséquilibres métaboliques, provoquer une augmentation de l’inflammation ou perturber la glycémie. Revoir son alimentation ne veut pas dire manger fade ou compliqué. Au contraire : des repas simples, colorés et bien pensés peuvent faire toute la différence au quotidien.
- Les acides gras saturés favorisent l’augmentation du taux de cholestérol et accentuent le risque de maladies cardiovasculaires.
- Un apport en sucre excessif favorise l’apparition des symptômes du SOPK.
Pensez à jeter un œil aux étiquettes des aliments que vous achetez en grande surface, vous seriez surprise de constater le taux de sucre ajouté, y compris dans des aliments qui ne paraissent pas en contenir. Les plats préparés ou surgelés contiennent des additifs et du sucre ajouté. Autant que possible, privilégiez une cuisine faite maison avec des produits bruts.
En cas de SOPK, les fibres alimentaires sont un précieux allié pour réguler votre indice glycémique et réduire votre taux de cholestérol. Il est recommandé d’en consommer entre 30 et 40 grammes au quotidien. Les protéines apportent une sensation de satiété et ont un indice glycémique faible.
Pour bien comprendre le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) et décrypter les mécanismes à l’œuvre, il est important de comprendre les informations essentielles sur la gestion des glucides. Les glucides regroupent différentes familles d’aliments. On les retrouve dans les féculents, les légumineuses, les aliments sucrés et les fruits. En fonction de leur impact sur la glycémie, on pourra les classifier en 3 catégories : Indice Glycémique (IG) bas, IG modéré, IG élevé.
Il est important d'avoir des informations sur l’état de stress de la patiente avec un dosage du cortisol. Le cortisol est appelé « l’hormone du stress », il est sécrété par les glandes surrénales. Le stress a un rôle central dans l’aggravation des symptômes du SOPK.
Il est important d'avoir des informations sur le fonctionnement de la thyroïde avec un dosage TSH, T3 et T4. Les hormones thyroïdiennes sont impliquées notamment dans le métabolisme énergétique et la régulation lipidique, protéique, et glucidique. Il existe un lien - dont l’origine n’est pas encore bien définie - entre dysfonctionnement thyroïdien et SOPK.
En fonction des analyses et de la problématique, on peut proposer un plan alimentaire personnalisé, en accord avec la personne. L’idée n’est pas de conseiller quelque chose d’inaccessible et d’irréaliste. L’objectif n’est pas non plus d’avoir des « règles » trop strictes dont on ne peut jamais déroger. Un plan alimentaire de » base » et un travail d’éducation à l’alimentation pour rendre autonome les consultants est essentiel.
La façon de manger a aussi beaucoup d’importance : manger en pleine conscience permet de faire attention à ses sensations alimentaires. En se reconnectant à son ressenti, par exemple en se posant les questions « ai-je vraiment faim ?
Une fausse idée assez répandue est de penser que si une femme est SOPK de type « mince » alors elle n’a pas de problème de résistance à l’insuline.
Beaucoup de femmes atteintes du SOPK en surpoids culpabilisent énormément de ne pas arriver à perdre du poids et enchainent ainsi les régimes amaigrissants. Priver drastiquement son corps serait comme « ne pas mettre assez de carburant dans son moteur ». Une sous-alimentation risque d’écrouler le métabolisme : le corps n’arrive plus à fonctionner correctement et n’utilise pas convenablement les calories ingérées.
Dans un premier temps, une relance métabolique : augmenter les apports alimentaires petit à petit pour qu’ils correspondent réellement aux dépenses énergétiques. Au lieu de se sous-alimenter, on réapprend à bien manger, avec des ingrédients de qualité. Il n’est pas rare que je croise des consultantes qui n’arrivent pas à perdre un gramme alors qu’elles sont en grande restriction calorique avec parfois même beaucoup de sport .
Dans ce cas là, on peut proposer de sortir de ce schéma de restriction, et d’augmenter peu à peu ses apports alimentaires. Le fait le plus incroyable c’est que avec cette méthode, les consultantes en augmentant leurs apports caloriques - sans changer leurs activités physiques - restent au même poids ou maigrissent !
Les « régimes amaigrissants » peuvent engendrer des restrictions cognitives, des troubles thyroïdiens ou surrénaliens ou encore une aménorrhée hypothalamique.
Bien entendu, on ne peut pas généraliser les conseils alimentaires car chaque femme est unique et présente une problématique SOPK qui lui est propre.
- Avoir si possible une alimentation sans gluten mais en bonne intelligence.
- Limiter les produits laitiers : arrêter si possible la consommation de lait et apporter en quantité limitée des produits laitiers type formage blanc, yaourt ou fromage, en privilégiant l’origine chèvre ou brebis plutôt que vache.
Avoir une meilleure gestion des glucides : Lorsque l’on mange un aliment, la glycémie, c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang, augmente. Le corps fait alors appel à une hormone, l’insuline, pour ramener la glycémie à une valeur normale, et rediriger le sucre vers les organes. Dans le cas du SOPK, on remarque souvent que l’insuline n’arrive pas à faire son travail correctement, il faut alors une grande quantité d’insuline pour obtenir une réponse efficace.
Dans la majorité des SOPK, on retrouve la relation suivante : Consommation de glucide/sucre ++ => flambée de la glycémie => production ++ d’insuline => aggravation des symptômes du SOPK (perturbations hormonales avec hyperandrogénie, prise de poids, etc.). On comprend ainsi que l’alimentation est un levier essentiel dans la gestion du SOPK.
Réaliser les bonnes associations alimentaires pour que la glycémie ne s’emballe pas. Vous pouvez par exemple associer un glucide (un « sucre ») de qualité avec une protéine, un bon lipide (les « bonnes graisses ») et un aliment riche en fibres comme un légume. L’association des aliments entre eux, ralentissant le temps de digestion et l’absorption des glucides contenus dans le repas et permettent d’abaisser la glycémie.
Enfin, chez certaines femmes, lorsque toutes les conditions sont réunies, le jeune intermittent peut être recommandé. Celui-ci permet d’améliorer la résistance à l’insuline. Attention, le jeune intermittent a de nombreuses vertus mais doit être pratiqué dans un cadre bien défini et sans contre-indications : pas de fatigue chronique excessive, d’hypothyroïdie, de problème de santé majeur, de faim importante le matin, de trouble du comportement alimentaire, etc.
En fin de repas, on peut prendre un fruit cuit (compote) ou cru ou un laitage. Certaines personnes ne digèrent pas bien le fruit cru en fin de repas (ballonnement, perturbation de la digestion), veillez donc à vos sensations.
« Manger bien » ne signifie pas « manger peu » ! Il n’y a pas d’aliment à bannir de façon définitive.
Traitements médicaux pour l'infertilité liée au SOPK
L'induction de l'ovulation consiste à prendre des médicaments pour provoquer l'ovulation. Elle est reconnue comme étant la première étape de traitement de l’infertilité en cas de SOPK. Le citrate de clomiphène est le traitement préconisé en première intention. De nouveaux traitements ont émergé, comme le létrozole, inhibiteurs de l’aromatase. Il a l'avantage d’induire moins de grossesses multiples (au minimum 2 fœtus) que les autres traitements d’induction d'ovulation. D'autres médicaments de la fertilité peuvent également être essayés.
La chirurgie ovarienne par « drilling » est une technique chirurgicale coelioscopique. Elle consiste à effectuer des micro-perforations dans la couche superficielle des ovaires afin d’obtenir des ovulations normales et des grossesses spontanées. Ce type de chirurgie permet un rétablissement des ovulations dans environ 50 % des cas.
La fécondation in vitro (FIV) est l'une des techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP).
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